Cogent Communications, l'un des plus grands fournisseurs de dorsale IP de niveau 1 au monde, achemine chaque jour environ un quart du trafic internet mondial. Le réseau mise sur la densité et l'échelle, et couvre l'Amérique du Nord et l'Europe avec une empreinte pensée pour fournir un transit IP à haute capacité là où le trafic numérique se concentre. Alors que la demande de bande passante augmente de manière exponentielle (sous l'effet de l'IA, d'une distribution de contenus en hausse vertigineuse et des architectures informatiques distribuées), cette densité devient un avantage stratégique. « Nous avons toujours axé notre stratégie sur la densité », explique Mark Harris, CRO (Chief Revenue Officer) & Vice-Président des ventes mondiales chez Cogent. « Si le trafic est là, nous voulons être là. C'est ce qui nous permet d'évoluer rapidement et d'offrir des performances homogènes à l'échelle mondiale ».
Mark Harris : « Cogent est un opérateur de réseau de niveau 1 basé aux États-Unis. Nous sommes cotés au NASDAQ. Nous exploitons l'une des plus grandes dorsales IP au monde et acheminons quotidiennement environ 25 % du trafic internet mondial. Cette échelle n'est pas le fruit du hasard : la densité a toujours fait partie de notre stratégie. »
« Nous desservons l'Amérique du Nord, l'Europe et de plus en plus d'autres marchés internationaux. Dans de nombreuses grandes villes, en particulier aux États-Unis, nous sommes présents sur le réseau dans des immeubles de bureaux à locataires multiples ainsi que dans des centres de données. Cette empreinte nous permet de déployer de la capacité rapidement et à grande échelle ».
« Il est vrai que menons nos activités parallèlement à d'autres grandes dorsales mondiales. Ce qui nous différencie, c'est la densité et l'efficacité opérationnelle. Sur de nombreux marchés, nous sommes présents dans plus de bâtiments et de centres de données que nos concurrents. Cela nous permet souvent de nous connecter là où d'autres ne le peuvent pas, ou de déployer plus rapidement des circuits à haute capacité ».
« La demande de capacité a évolué radicalement. Il y a sept ans, les clients commençaient par un engagement de 1G sur une interface de 10G; aujourd'hui, il est courant de commencer par 100G et d'augmenter jusqu'à 400G. Notre architecture de réseau est conçue pour s'adapter à cette demande. Nous proposons également des modèles d'engagement agrégés sur plusieurs sites. Par exemple, un client présent à Francfort, Londres et New York peut opérer sous un seul niveau d'engagement agrégé. D'un point de vue commercial et opérationnel, cela simplifie considérablement la montée en échelle ».
« Même sans l'IA, le trafic internet ne cesse de croître depuis des années »
« Non. L'agrégation est avant tout un concept commercial et de facturation. En ce qui concerne l'infrastructure, les clients restent multi-hébergés et suivent leurs propres stratégies de redondance. La plupart de nos clients centrés sur le réseau sont déjà des environnements multifournisseurs. Notre rôle, c'est de fournir un transit IP de haute performance au sein de cette architecture ».
« L'intelligence artificielle est évidemment un facteur déterminant, mais même sans cela, le trafic internet ne cesse de croître depuis des années ; l'IA n'est qu'un accélérateur. Nous constatons une croissance continue des besoins en capacité, non seulement en raison des charges de travail liées à l'IA, mais aussi de l'IdO, de la distribution de contenu, du gaming, des téléchargements de logiciels à grande échelle, des événements mondiaux, etc. Les pics de trafic enchaînent les records ».
« Il y a aussi un facteur pratique : l'économie des connexions croisées en centre de données. Au lieu d'utiliser plusieurs circuits de moindres dimensions, les clients préfèrent de plus en plus un nombre réduit d'interfaces à haute capacité. Le passage de plusieurs circuits 100G à du 400G, par exemple, peut optimiser à la fois les coûts et la complexité opérationnelle. Pour ce qui est de l'avenir, le 800G se profile clairement à l'horizon ».
« L'Europe devient de plus en plus importante, en particulier pour les réseaux basés aux États-Unis »
« L'Europe devient de plus en plus importante, en particulier pour les réseaux basés aux États-Unis qui y établissent ou y développent leur présence. Des villes comme Francfort, Londres, Amsterdam et Paris restent des plaques tournantes, mais d'autres lieux stratégiques comme Bruxelles, où les réseaux se densifient, gagnent également en importance. La demande commence généralement par la colocation : une fois que les entreprises ou les fournisseurs de contenu ont établi une empreinte, les exigences en matière de connectivité suivent. On peut certainement parler d'une dynamique d'écosystème ».
« La visibilité et l'alignement sur l'écosystème sont essentiels. Les réseaux de niveau 1 ne s'appuient pas sur le marketing de masse traditionnel : notre public se trouve déjà dans des installations neutres vis-à-vis des opérateurs. Quand les centres de données partenaires mettent activement en avant l'écosystème des opérateurs disponibles, y compris les fournisseurs de dorsale mondiale comme Cogent, cela facilite les choses. L'un des principaux obstacles à la conclusion de nouveaux contrats peut tout simplement être un décalage géographique, le fait de ne pas partager la même installation. Les environnements neutres vis-à-vis des opérateurs, tels que celui de LCL, contribuent à lever cet obstacle ».
« L'internet peut évoluer tant que l'infrastructure physique suit le rythme »
« Le prix et la disponibilité de l'énergie font de plus en plus partie du débat. Les infrastructures pilotées par l'IA, en particulier, nécessitent un déploiement d'énergie à haute densité. Des centres de données dédiés à l'IA à grande échelle sont construits dans des régions dotées de beaucoup d'espace et d'un accès à une énergie propre et bon marché, comme le Canada ou les pays nordiques, précisément pour maximiser la livraison de kilowatts. Tandis que la durabilité n'est pas le principal moteur de la stratégie en matière de dorsale, l'efficacité énergétique et la disponibilité géographique de l'énergie deviennent des considérations structurelles dans les décisions de déploiement des réseaux ».
« Pour les clients, le transit n'est souvent qu'un élément de l'équation des coûts. La puissance, l'espace et le prix des connexions croisées peuvent l'emporter sur la connectivité elle-même et il est alors essentiel de bien cerner l'ensemble de l'écosystème. La couche internet peut évoluer, à condition que l'infrastructure physique (espace, alimentation, refroidissement) suive le rythme. Ce sera l'un des principaux défis des années à venir ».