Les zones humides jouent un rôle déterminant pour nos ressources en eau et notre biodiversité ; elles sont pourtant sous pression, en Flandre et bien au-delà. À travers sa campagne de Noël sur les médias sociaux, LCL veut rendre cette réalité tangible. Chaque post de campagne partagé soutient la protection des zones humides de Join For Water. Une partie des recettes est également versée à Natuurpunt pour la gestion de la réserve naturelle des Assels à Gand. Pour cet article, nous nous sommes entretenus avec Kim Vercruysse, coordinatrice des programmes auprès de Join For Water, et Ward Stulens, bénévole et conservateur chez Natuurpunt.
Quiconque s'est déjà promené dans les Assels, près de Gand, reconnaît immédiatement ce paysage à la frontière entre terre et eau. Cette zone humide s'inonde avant que l'eau recule, et les lieux changent constamment de visage. La réapparition de la barge à queue noire y a semblé être une bonne nouvelle pendant un temps. « Ce sont des espèces indicatrices », explique Ward Stulens. « Lorsqu'elles reviennent, on espère que l'écosystème respirera à nouveau. » Elles ont pourtant déjà disparu aujourd'hui, principalement par manque d'insectes dont elles se nourrissent, ce qui montre combien les zones humides sont fragiles.
Cette vulnérabilité s'observe également dans des zones humides à des milliers de kilomètres, comme à Fort Portal en Ouganda ; alors qu'en Flandre, la protection des zones humides est axée sur la restauration, l'accent est mis là-bas sur la conservation. Join For Water, organisation basée à Gand qui protège l'eau et la nature aquatique dans les pays où la pression sur les écosystèmes augmente fortement, y est notamment active.
Join For Water a vu le jour dans les années 1970 sous le nom de Protos, autour d'un groupe d'ingénieurs construisant des puits et des infrastructures sanitaires dans des pays où l'accès à l'eau potable était limité. Aujourd'hui installée à Gand, avec des bureaux en Afrique et en Amérique du Sud, l'organisation a vu son travail prendre de l'envergure : « Notre point de départ est le droit à l'eau, aujourd'hui et à l'avenir », indique Kim Vercruysse.
En Belgique, l'organisation œuvre principalement à la sensibilisation, en informant le grand public sur l'empreinte hydrique et le rôle de l'eau dans le monde. Elle s'adresse également aux jeunes, notamment dans les écoles. À l'étranger, elle mène sa mission au travers de projets qui améliorent l'accès à l'eau et protègent la nature aquatique.
Cette approche à deux volets est importante. « On peut construire un puits », dit Kim Vercruysse, « mais si le puits se tarit parce que la zone n'est pas protégée, l'accès à l'eau n'est pas garanti. C'est pour cette raison que nous travaillons autant sur la conservation, la sensibilisation et le transfert de connaissances que sur les infrastructures. » Join For Water n'est pas seule à l'œuvre. « Notre rôle est de réunir les bons acteurs : organisations locales, citoyens, pouvoirs publics. Nous facilitons, conseillons et développons les connaissances afin que les solutions fonctionnent dans la durée. »
« Nous facilitons, conseillons et développons les connaissances afin que les solutions fonctionnent dans la durée. »
De Gand à l'Ouganda : de si nécessaires zones humides
En Flandre, l'heure est à la réhabilitation ; dans les Assels, il a fallu des années pour que l'écosystème retrouve de la résilience. Les bénévoles, les chercheurs et les gestionnaires, en collaboration avec Natuurpunt, ont suivi les changements de près : le retour des populations d'insectes, la réapparition d'oiseaux rares, l'allongement de la durée de séjour de l'eau dans le sol.
Le tableau en Ouganda est autre, car les zones humides y sont encore relativement intactes, mais soumises à une forte pression due à l'urbanisation et aux besoins en terres agricoles. « Il est beaucoup plus efficace de conserver ce qui existe que de le restaurer », explique Kim Vercruysse. « C'est pourquoi nous travaillons résolument sur la protection en Ouganda. » L'une des façons d'y parvenir est de délimiter les zones humides à l'aide de piliers reconnaissables pour rendre visible ce qui est légalement protégé. « Cela semble simple, mais cela rend les choses plus claires pour les agriculteurs, les citoyens et les autorités locales. » Dans le même temps, Join For Water recherche des solutions viables avec les agriculteurs pour que la protection ne se fasse pas au détriment de la sécurisation des moyens de subsistance.
Le contraste entre « restaurer ici » et « préserver là-bas » montre toute l'utilité de la coopération entre les acteurs locaux et internationaux. En effet, les deux régions rencontrent des problèmes similaires : pression sur les ressources en eau, déclin de la biodiversité, exploitation intensive des sols et changement climatique. « Il est également vrai que le changement climatique commence à se faire sentir de manière très aiguë », pointe Ward Stulens. « Il accélère les mutations et c'est vraiment un gros problème pour les zones humides. Il n'y a pour ainsi dire plus d'état intermédiaire, entre des environnements extrêmement humides et complètement asséchés. »
Join For Water et Natuurpunt ont mis ensemble sur pied l'action « Move For Water », pour protéger les zones humides dans les Assels près de Gand tout comme à Fort Portal en Ouganda. La collaboration entre les deux organisations était une évidence, car elles ont en commun une méthode de travail similaire : gestion partagée, appel au bénévolat, mise en commun des connaissances et approche des écosystèmes basée sur le long terme.
« Natuurpunt fait intensivement appel aux bénévoles, aux citoyens et d'autres acteurs pour protéger durablement les réserves naturelles. C'est également ce qui anime nos projets, mais dans d'autres pays. En définitive, chaque écosystème à travers le monde a un impact sur le cycle global de l'eau. C'est créer ce lien qui sous-tend toute notre action. », explique Kim.
« En définitive, chaque écosystème à travers le monde a un impact sur le cycle global de l'eau. C'est créer ce lien qui sous-tend toute notre action. »
La coopération internationale et les projets de protection de la nature sont sous pression dans le monde entier. L'aide des pouvoirs publics se réduisant sans cesse alors que les besoins ne font qu'augmenter, c'est tout naturellement que Join For Water se tourne de plus en plus vers des partenariats avec les entreprises. Il ne s'agit pas de parrainages ponctuels, mais de relations à long terme à travers lesquelles les deux parties se renforcent mutuellement. Une première collaboration avec LCL pour « Move For Water » s'inscrit parfaitement dans cette démarche. Notre entreprise est implantée localement, travaille avec des partenaires internationaux et place le développement durable au cœur de sa stratégie. L'eau fait également partie de cet engagement social :
les centres de données de LCL étant refroidis par un circuit d'eau fermé, aucune eau de ville n'est consommée pour le refroidissement et l'entreprise comptabilise une consommation d'eau qui équivaut à peine à celle de deux ménages sur ses cinq sites. Néanmoins, l'eau est incluse comme thème matériel dans son évaluation de double matérialité (Double Materiality Assessment, DMA). Cette transparence montre qu'une gestion efficace de l'eau est possible dans le secteur. Le principe est simple : l'eau est importante pour LCL parce qu'elle est importante pour la planète et pour la communauté. Dans cette logique, le partenariat avec Join For Water s'impose tout naturellement.
Pendant la période de Noël, LCL associe directement sa campagne sur les médias sociaux à la mission de Join For Water. Pour chaque partage, Join For Water protège un mètre carré de zone humide. 10 % des recettes seront en outre consacrées à la gestion des Assels par Natuurpunt, ce qui permettra de renforcer des projets locaux de protection de la nature. Il ne s'agit pas là d'un chiffre abstrait, mais bien d'une surface qu'on peut imaginer : dix partages correspondent déjà à un espace naturel de la taille d'une petite salle de réunion. Envie de contribuer à ce projet? Il suffit de partager la campagne via les médias sociaux.