« Il faut en savoir beaucoup sur l'utilisateur des médias pour offrir un bon service », selon Dieter Boen, responsable de l'innovation à la VRT, lors du talk-show organisé par LCL et Equinix le 26 avril dernier. [lien vers le talk-show à la demande]. Ce talk-show a abordé des sujets tels que l'évolution du paysage numérique, l'influence du téléspectateur (ou de l'auditeur) sur la stratégie et le rôle que les écosystèmes médiatiques, l'innovation et la coopération (inter)nationale jouent dans l'avenir de la radiodiffusion et des entreprises de médias. Ce dernier sujet en particulier est d'une actualité brûlante dans le monde des médias et a suscité des discussions intéressantes.

Contrôler ses propres données

Depuis des années, le pouvoir sans cesse croissant d'un certain nombre de grands acteurs technologiques fait l'objet d'âpres discussions, car ils ont accès à une quantité énorme de données sur les utilisateurs qu'ils commercialisent et revendent ensuite aux annonceurs. D'une part, la discussion porte sur la violation de la vie privée des consommateurs, que nous essayons de protéger en Europe avec, par exemple, le RGPD ; d'autre part, sur l'égalité des chances pour les jeunes entreprises innovantes qui veulent entrer sur le marché, mais n'en ont pas la possibilité en raison de la position monopolistique des grands acteurs technologiques.

Reprendre le contrôle de ses propres données est un sujet pour de nombreux intervenants. Il en va de même pour l'initiative flamande SolidLab, composée d'équipes de recherche de plusieurs universités belges renommées. L'idée de SolidLab est que l'on ne peut parvenir à une solution socialement acceptable qu'en adoptant une approche interdisciplinaire, car la technologie, les lois, l'économie, les connaissances, les attitudes et les comportements doivent changer simultanément.

Dissociation des données et des services

« L'objectif principal de SolidLab est de permettre la dissociation des données et des services », déclare le professeur Erik Mannens, directeur de la valorisation de la recherche à l'imec, professeur d'intelligence sémantique à l'université de Gand et responsable d'une des équipes de recherche. « Cette dissociation signifie que la disponibilité des données n'est plus sous le contrôle des grands acteurs de la technologie, ce qui rend l'entrée sur le marché possible pour les nouveaux arrivants innovants. »

Eric Mannens

Solid est une technologie qui permet de scinder les applications en deux parties : une couche de données et une couche de services. Les données des utilisateurs sont stockées dans une sorte de coffre numérique appelé « datapod », propriété de l'utilisateur lui-même. Cet utilisateur peut alors décider qui aura accès au datapod et peut révoquer cet accès à tout moment. Toute personne peut avoir plusieurs datapods à sa disposition et contrôler l'accès à chacun d'eux. Cette technologie peut servir pour les données RH, les données officielles, les données des soins de santé et les données des médias. Du côté des entreprises, l'utilisation de Solid permet de créer des conditions de concurrence équitables, puisque chaque fournisseur de services a désormais les mêmes chances de demander et d'obtenir l'accès aux données. Cela leur permettra d'entrer facilement sur le marché et le meilleur fournisseur gagnera du terrain, et non plus seulement les entreprises qui ont le plus de données sur les utilisateurs dans leurs propres silos.

Un exemple

Si un consommateur achète 2 litres de lait chaque semaine au supermarché A, ce dernier peut en conclure que le consommateur boit 2 litres de lait par semaine et créer un profil sur cette base. Mais si ce consommateur achète également 8 litres de lait par semaine dans d'autres supermarchés, son profil sera erroné. Si tous les supermarchés peuvent se connecter au pod de données sur les consommateurs, ils obtiendront d'un coup une image agrégée et anonymisée plus complète et pourront créer un profil plus fidèle du consommateur.

Le gouvernement flamand a maintenant investi sept millions d'euros dans Solid, car il veut permettre aux citoyens de gérer leurs données via un portail unique. « Dès qu'on déménage et qu'on le signale à son autorité locale, il arrive souvent que ce déménagement ne soit pas automatiquement signalé aux autres autorités publiques (car chacune possède sa propre copie des données) et on doit agir soi-même. L'utilisation de datapods rendra cela inutile à l'avenir, puisque chaque autorité aura accès aux mêmes données en un seul endroit, le datapod, et pourra immédiatement les traiter dans leurs systèmes. Il est donc très important que le gouvernement flamand soit impliqué dans cette initiative dès le départ », explique Erik Mannens. L'ambition de SolidLab est d'avoir développé dans les deux ans un écosystème avec lequel la Flandre pourra se positionner industriellement au niveau mondial.

Application dans les entreprises de médias

Une preuve de concept de Solid est actuellement en cours à la BBC et à la VRT. Il est rare qu'un téléspectateur lise, regarde ou écoute un seul canal de média. Une même entreprise de médias ne dispose donc jamais d'une image complète de ses utilisateurs. En se connectant à Solid, il est possible d'établir un profil complet de l'utilisateur, ce qui permet aux entreprises de médias de relier de manière transparente leurs offres aux souhaits des lecteurs, des téléspectateurs et des auditeurs. Si les entreprises de médias restituent les données qu'elles obtiennent de leurs utilisateurs et que ces données peuvent être partagées anonymement avec d'autres entreprises de médias via le datapod, le développement des médias entièrement centrés sur l'utilisateur est plus proche que jamais.

Mais où se trouvent ces données ? La Vlaams Datanutsbedrijf, entreprise de service public qui vise à renforcer la confiance des citoyens dans le partage des données en mettant l'accent sur un partage responsable et sécurisé, souhaite amorcer l'écosystème. Par conséquent, chaque Flamand aura déjà au moins un datapod contenant toutes ses données officielles. C'est là que les centres de données jouent un rôle important. Étant donné que les données devront se trouver en un point central, des gestionnaires de confiance de datapods seront nécessaires. LCL Data Centers a l'ambition d'être ce gestionnaire de confiance pour toutes les entreprises de médias belges, et répond à toutes les exigences pour cela.

Envie d'en savoir plus sur l'initiative SolidLab, la technologie Solid et les possibilités pour les entreprises de médias ? Regardez notre talk-show ou contactez Robert van Beurden, expert médias chez LCL.

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